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L'inventaire des Zones Humides du périmètre du SAGE de la Sensée

zone_humide.jpg Les zones humides ont longtemps été considérées comme des lieux insalubres ou inutiles. C'est pourquoi l'Homme n'a cessé de les assécher afin d'y exercer ses activités. Dans le Nord - Pas-de-Calais, elles ne représentent aujourd'hui plus que 1% du territoire, contre 30% autrefois. Cependant, on s'aperçoit maintenant que ces milieux peuvent rendre de nombreux services : stockage des eaux de crues, régulation des débits d'étiage, recharge des nappes phréatiques, auto-épuration de l'eau, production de biomasse (poisson, pâture, bois, ...). Ce sont aussi des milieux possédant un riche patrimoine naturel avec un fort potentiel touristique.

Cette prise de conscience des fonctions et des intérêts économiques et écologiques des zones humides a conduit l'Etat à mettre en oeuvre des politiques de préservation, à travers notamment la loi sur l'eau de 1992, le Plan d'Action pour les Zones Humides du 22 mars 1995, et dernièrement la loi sur le Développement des Territoires Ruraux.

Les SDAGE et les SAGE, instaurés par la loi sur l’eau de 1992, sont des instruments privilégiés de la préservation des zones humides. En effet, le SDAGE Artois Picardie recommande dans sa disposition C2 que soit réalisée au niveau des SAGE une étude écologique avec un inventaire floristique et faunistique des milieux naturels aquatiques. Il préconise également dans sa disposition C3 que soient identifiées les causes possibles et non naturelles de dégradation des zones humides et que soient prises les mesures qui s’imposent pour assurer la réhabilitation des ces milieux.

Pour répondre aux attentes du SDAGE, un inventaire des zones humides situées sur le périmètre du SAGE de la Sensée a été conduit en 2004, par une étudiante stagiaire, Bettina LANCHAIS. 

Son étude a permis :
- d’identifier 83 zones humides à partir du critère « végétation hygrophile »


- d'élaborer un premier diagnostic général ;

- de créer une fiche de renseignement « tronc commun national » pour chaque zone et de commencer à les compléter : un exemple de fiche de renseignement ci-après :



- de cartographier l'occupation des sols de chaque zone humide, tel que l'exemple ci-après.

 

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Le rapport et ses annexes sont consultables et téléchargeables à partir du lien ci-après : 

 

Un second travail sur les zones humides a été mené en 2005 par deux étudiants stagiaires, Thierry DAUGERON et Solène BOULENGUER.

Il a abouti à :

- la validation des zones identifiées en 2004 par les maires des communes concernées,

- la proposition par les maires de quelques zones supplémentaires,

- l’identification des zones potentiellement humides en prenant en compte le critère « hydromorphie des sols » 


- la poursuite du renseignement des fiches associées à chaque zone (statut foncier, faune et flore, …).

Le rapport est consultable et téléchargeable à partir du lien ci-après :

En prenant en compte les zones identifiées lors des deux études, on aboutit à une carte des zones humides et des zones potentiellement humides du périmètre du SAGE de la Sensée :

 

Un troisième travail sur les zones humides, réalisé en 2007 par un groupe de trois étudiants stagiaires, Guillaume LEPETIT, Charles SENEZ et Grégoire TORTOSA, avait pour objectif principal de compléter les fiches de renseignement des zones humides en recueillant des informations sur :

- la faune, la flore et la dynamique des populations (reproduction, déclin, …),

- les fonctions biologiques des zones humides,

- les fonctionnalités hydrauliques des zones humides,

- les activités humaines au sein et autour des zones,

- les facteurs influençant l’évolution des zones.

Les 83 fiches ont pu être complétées et 121 espèces inventoriées, dont 11 espèces d’amphibiens, 38 espèces végétales, 5 espèces d’odonates, 5 espèces de mammifères, 43 espèces d’oiseaux, 19 espèces de poissons.

Le rapport et ses annexes sont consultables en cliquant sur les liens suivants : 

 

Malgré la qualité et l'ampleur des travaux déjà menés, le travail sur les zones humides n'est cependant pas achevé.
Deux points essentiels nécessitaient encore d'être abordés. Il s'agit d'une part de la hiérarchisation des zones humides, et d'autre part de l'incidence des dispositions de la Loi sur l'Eau et les Milieux Aquatiques de décembre 2006 qui recommandent aux SAGE de classer certains secteurs de zones humides en Zones Humides d'Intérêt Environnemental Particulier (ZHIEP) et en Zones Humides Stratégiques pour la Gestion de l'Eau (ZHSGE).

Baptiste SAUVAGE a mené ces compléments d'étude dans le cadre d'un stage de 3 mois au sein de l'Institution.

Son travail a consisté à :
- hiérarchiser les zones humides en zones prioritaires et en zones à enjeux ;
- déterminer les critères nécessaires à la détermination des ZHIEP et des ZHSGE ;
- proposer des délimitations pour chaque type de zonages à partir du croisement des critères ;
- étudier les conséquences de ces classements.

Les résultats de son travail sont les suivants : 
- des propositions de classement des zones humides en zones prioritaires et en zones à enjeux ;
- 19 zones humides ont été proposées pour être classées en ZHIEP ;
- 4 zones humides situées au sein des ZHIEP ont été proposées pour être classées en ZHSGE ;
- les conséquences de ces zonages (contraintes, risques de créer des zones Natura 2000, ...) n'encouragent pas les acteurs du SAGE à classer les zones humides en ZHIEP ou en ZHSGE.

Le rapport est consultable et téléchargeable à partir du lien suivant : 

 

Classification des zones humides en trois catégories

Afin d’être compatible avec la disposition A-9.3 du SDAGE Artois-Picardie 2016-2021, une étude de classification de ces 83 zones humides en 3 catégories a été réalisée en 2016.

Pour la première catégorie regroupant les zones où des actions de restauration/réhabilitation sont nécessaires, ont été placées les zones humides ne faisant pas l’objet d’une action ou d’un suivi écologique. Le critère choisi a été l’absence de Maîtrise d’ouvrage (MO). En effet, on peut considérer qu'en l’absence de MO identifié, les ZH n'ont jamais fait l'objet de mesure de restauration/réhabilitation et de préservation. Ont également été prises en compte les ZH situées sur des propriétés privées, pour lesquelles aucune information de gestion par le propriétaire n’est disponible, ainsi que certaines propriétés communales où il n’y a pas d’action.

Pour la seconde catégorie regroupant les zones humides dont la qualité sur le plan fonctionnel et de la biodiversité est remarquable et pour lesquelles des actions particulières de préservation doivent être menées, a été intégré les zones humides pour lesquelles il y a déjà un suivi écologique et un plan d’action. Elles sont repérées par l’identification d’une maîtrise d’ouvrage et par des mesures de protection particulière. On peut en effet considérer que les phases de restauration ont déjà été menées si les zones humides font actuellement l'objet d'un suivi et d'un plan de gestion. Parmi les maitrises d’ouvrage et les protections particulières, on retrouve notamment les ENS des Conseils départementaux du Nord et du Pas-de-Calais ; les EPCI, les fédérations de pêche et de chasse, le conservatoire d’espaces Naturels Nord Pas-de-Calais…

La dernière catégorie concerne les zones qui permettent le maintien et le développement d’une agriculture viable et économiquement intégrée dans les territoires et la préservation des zones humides et de leurs fonctionnalités. Le critère retenu est par conséquent l’usage agricole : sylviculture (frênes, conifères, érables), prairies, pâtures, cultures

A noter que la sylviculture monospécifique, comme celle du peuplier très présente sur le territoire, est au contraire préjudiciable aux zones humides et n'entre donc pas dans cette catégorie. Seules les polycultures d'arbres sont prises en compte.

Sur les 83 zones humides du périmètre du SAGE de la Sensée, le travail de classification a permis de recenser :

  • 66 zones humides où des actions de restauration et/ou de réhabilitation peuvent être nécessaire (14 dans le Nord et 52 dans le Pas-de-Calais) ;
  • 17 zones humides (12 dans le Nord et 5 dans le Pas-de-Calais) dont la qualité sur le plan fonctionnel et de la biodiversité est remarquable et pour lesquelles des actions particulières de préservation doivent être menées ;
  • 61 zones humides (25 dans le Nord et 36 dans le Pas-de-Calais) qui permettent le maintien et le développement d’une agriculture viable et économiquement intégrée dans les territoires et la préservation des zones humides et de leurs fonctionnalités.
  • Localisation ZH cat3

Localisation ZH catgories 1 et 2

 
 

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l'Agence de l'Eau Artois Picardie